CRITIQUE DU CONCERT/LANCEMENT DE BENJAMIN  GORON

LA SCENA MUSICALE 23 OCTOBRE 2017

( SOURCE: http://myscena.org/fr/benjamin-goron/off-jazz-festival-montreal-octobre-2017-prise-1/)

Soirée galvanisante avec les quintettes de Mario Allard et de Benjamin Deschamps

8 octobre Upstairs Jazz & Grill, Montréal

La soirée débute sur les chapeaux de roue avec le très énergique quintette de Mario Allard. Dix ans après son premier album, le saxo alto et chef de groupe signe son second opus, Diaporama, évocation en musique de souvenirs et instants d’une vie. Durant cette décennie, il s’est consacré à la recherche et aux études personnelles, dont une période passée à New York auprès du ténor Donny McCaslin et une autre à McGill, où il a complété sa maîtrise en interprétation jazz l’an dernier.

Les pièces, jouées selon l’ordre de l’album, démontrent une grande compréhension du langage. Leur facture varie énormément : rythmes changeants et tachycardiaques dans Snowden, mélodie veloutée et aérienne dans Blizzard évoquant l’hiver québécois, écriture à trois voix dans Filature ou encore séquences hachurées en homorythmie dans Street Business. Les différentes facettes du langage musical viennent colorer chaque morceau d’un souffle singulier et rafraîchissant avec en fil rouge des dialogues musclés entre le saxo et le trompettiste David Carbonneau, chacun d’eux ciselé et exécuté avec une précision d’orfèvre, et ce, dans une explosion d’énergie qui ne tarit pas un instant. Les compositions d’Allard, huit au total, sont bien encadrées, mais restent assez souples pour laisser ces jazzmen exprimer leur individualité. Certains solos s’aventurent dans des contrées plus exotiques et soulèvent même par moments des sourires et regards complices entre les musiciens. Doué d’une inventivité quasi inépuisable, le batteur Alain Bourgeois mérite une mention spéciale pour son énergie débordante. Mario Allard, pour sa part, y est allé de solos d’une grande intelligence, articulant un discours riche en idées, puisées à même les éléments-clés de chaque pièce. Difficile d’imaginer une meilleure ouverture de soirée que cette prestation enlevante.

CRITIQUE D'ALBUM DE CHRISTOPHE RODRIGUEZ

SORTIES JAZZ NIGHTS 5 OCTOBRE 2017

(SOURCE:http://www.sortiesjazznights.com/1/Menu_Haut/cdjazz)

5 octobre 2017

Plus les semaines se suivent et plus les lancements de disques se succèdent. En cette semaine de L’OFF Jazz où le jazz d’ici est célébré sous toutes ses coutures, le saxophoniste alto Mario Allard nous invite à découvrir son tout nouveau Diaporama. Sous ce très joli titre, comme la pochette d’ailleurs, se cachent des compositions personnelles très travaillées, avec un interprète aux idées larges. Ce jazz musclé, parfois vindicatif et qui rappelle les explorations du défunt saxophoniste alto Jackie McLean fait autant dans la modernité, sans toutefois que ce soit du free-jazz. Autour du principal intéressé, nous retrouvons le trompettiste David Carbonneau, le pianiste et claviériste Charles Trudel, le contrebassiste Sébastien Pellerin et le batteur Alain Bourgeois. Cette solide équipe qui n’a pas froid aux yeux se meut dans un environnement où la rythmique compte autant que le swing. 

Sans jamais tourner en rond, explorant à fond le couplage saxophone/trompette, cette nouveauté s’inscrit parfaitement dans le paysage d’un jazz qui regarde aussi bien en arrière, merci aux ainés, qu’à une tendance où les standards font place a quelque chose de plus personnel. Lentement, nous avons pris possession des œuvres, et cela donne un résultat plus que satisfaisant. Si nous sentons une certaine jeunesse dans l’approche, parfois un peu académique, Mario Allard sait très bien quel sens donner à des idées. Ça cogne sec, c’est roboratif, parfois enlevant avec cette petite part de risque. De l’admiration, nous en avons pour ce jeune homme qui ose!

CRITIQUE D'ALBUM DE OLIVIER DÉNOMMÉE

CRITIQUE DE SALON OCTOBRE 2017

( SOURCE: https://critiquedesalon.wordpress.com/2017/10/08/diaporama-mario-allard/)

Mario Allard n’est pas nécessairement un nom très connu du grand public. On parle quand même d’un saxophoniste qui a mérité la Bourse Création jazz du Conseil des arts de Montréal 2017, et qui est associé à Robert Charlebois, à Papagroove, à Coyote Bill et au Auguste Quartet. Bref, un musicien qui est loin d’en être à ses premiers faits d’armes! Le voilà qui lance son deuxième album, en quintette : Diaporama.

Entouré d’artistes comme David Carbonneau (trompette), Sébastien Pellerin (contrebasse), Charles Trudel (piano) et Alain Bourgeois (batterie), Allard offre ici une musique éclectique aux inspirations multiples. Il nous convie à tout un voyage en 8 pistes!

La première, Snowden, changera d’énergie à diverses reprises à travers ses 5 (brèves) minutes. Son côté imprévisible est loin d’être déplaisant, et montre bien la versatilité de tous les musiciens impliqués. S’ensuit Blizzard, un morceau doux et ironiquement très chaleureux, puis le mystérieux et parfois chargé Restart.

Plus intense, Filature laisse entendre une poursuite sous forme musicale qui nous garde volontiers attentifs pendant 7 minutes, avant de faire redescendre la tension avec Miragesafin de mieux exploser dans Street Business, où le côté rock des musiciens semble s’assumer davantage – pour notre grand plaisir. On ressent alors le besoin de faire retomber la pression une troisième fois, avec Bherens, avant de conclure avec la sympathique Pneumonia.

L’album n’est pas exceptionnel dans sa forme, alors qu’il n’est pas rare de voir des alternances entre morceaux intenses et doux, mais il l’est dans la mesure où presque toutes les pistes sont très intéressantes mélodiquement, en plus d’offrir des solos convaincants. Bref, le meilleur des deux mondes. L’album Diaporama pourra aisément se glisser dans n’importe quelle playlist de jazz moderne et n’a aucune raison de ne pas plaire aux amateurs du genre.

L’album est disponible sur la page Bandcamp de l’artiste.

À écouter : Blizzard, Filature, Pneumonia

7,7/10

MENTION DE MARC CHÉNARD

LA SCENA MUSICALE OCTOBRE 2017

(SOURCE: http://myscena.org/fr/marc-chenard/off-jazz-festival-montreal/)

Dans son second disque, l’alto Mario Allard se sert d’une formule éprouvée en jazz : le quintette saxo-trompette avec section rythmique. Il explique son silence discographique de près de dix par un besoin de recherche personnelle et de maturité. En 2012, il part étudier avec Donny McCaslin à New York, lequel lui permet d’approfondir sa conception musicale par un travail sur les intervalles. Deux ans plus tard, il s’inscrit à la maîtrise à McGill où il fait connaissance de John Hollenbeck avec qui il parfait ses connaissances en composition. Le disque, pour sa part, se situe dans la lignée du hard bop, mais en version plus actualisée, autant par l’écriture que par des interprétations très vigoureuses, rehaussées du reste par une prise sonore des plus dynamiques. Quant au titre, il se renvoie à des images mentales ­évoquées par des événements ou des personnes qu’Allard a voulu projeter sur des écrans sonores. Le premier des huit titres (Snowden) se rapporte au « célèbre » délateur américain, selon les points de vue.